Chute de l’Indice des dettes à la consommation de MNP à 79 points, deuxième plus bas niveau jamais enregistré
À l’aube de 2025, les Canadiens sont de plus en plus pessimistes à l’égard de leurs finances personnelles, malgré les taux d’intérêt à la baisse. Le plus récent Indice des dettes à la consommation de MNP a reculé pour atteindre 79 points, soit une chute importante de 10 points par rapport au trimestre précédent. Il s’agit du deuxième niveau le plus bas enregistré depuis sa création en 2017. De plus, le pointage net actuel que les Canadiens attribuent à leur situation d’endettement a dégringolé de 12 points depuis le trimestre précédent, un creux historique. Décembre 2022 marque le seul autre moment où ce chiffre a frôlé un niveau si bas.
« Même si les baisses des taux d’intérêt de l’année dernière ont réduit un peu leur anxiété financière, les Canadiens commencent l’année 2025 plus pessimistes qu’avant à l’égard de leurs finances », affirme Grant Bazian, président de MNP Ltée, le plus important cabinet en insolvabilité au pays.
Le pessimisme des Canadiens quant à leur avenir financier témoigne d’incertitude. En effet, ils sont moins nombreux ce trimestre-ci à s’attendre à ce que leur niveau d’endettement s’améliore d’ici un an (27 %, -4 points), tandis qu’un nombre croissant d’entre eux croient qu’il s’aggravera (19 %, +7 points). Par ailleurs, l’anxiété autour de la perte d’emploi atteint son paroxysme puisque deux personnes sur cinq (41 %, +9 points) s’inquiètent qu’un membre de leur ménage perde son emploi. La moitié des Canadiens (51 %, +5 points) croient qu’ils n’arriveront pas à couvrir l’ensemble de leurs frais de subsistance et de leurs dépenses familiales des 12 prochains mois sans s’endetter davantage.
Le nombre de Canadiens au bord de l’insolvabilité a crû à une vitesse alarmante ce trimestre-ci. La moitié d’entre eux (50 %) affirment maintenant friser l’insolvabilité à 200 $ près, une augmentation importante de huit points par rapport au trimestre précédent. Pis encore, le tiers se déclare déjà insolvable (35 %), un bond de neuf points. Les femmes (55 %, +4 points) ont plus de chance d’être à 200 $ ou moins de l’insolvabilité. Par contre, l’augmentation de 13 points des hommes dans la même situation (44 %) par rapport au trimestre précédent est particulièrement frappante.
« Les Canadiens se serrent déjà la ceinture, révisent leur budget et étudient les mesures de réduction des dépenses afin de rembourser leurs dettes ou de composer avec la hausse des coûts. Malheureusement, il arrive que certains sacrifices ne suffisent pas à offrir le répit financier nécessaire, malgré les taux d’intérêt plus faibles », confie M. Bazian.
En dépit des baisses successives des taux d’intérêt en 2024, l’attitude des Canadiens à l’égard de leurs finances et des taux d’intérêt s’est assombrie au cours du trimestre. En effet, la moitié d’entre eux (50 %, +2 points) s’inquiètent de leur capacité à rembourser leurs dettes même s’il y a une baisse des taux d’intérêt. Près de la moitié d’entre eux (46 %, +4 points) craignent qu’une hausse des taux d’intérêt les conduise à la faillite, tandis que les deux tiers (65 %, +2 points) affirment avoir désespérément besoin de voir les taux d’intérêt diminuer.
Plus le revenu disponible diminue, plus les ménages sont obligés de se servir de leur coussin financier, ce qui laisse moins de place aux dépenses imprévues. En moyenne, les Canadiens ont moins d’argent dans leurs poches à la fin du mois, soit 790 $, une baisse de 147 $ par rapport au trimestre précédent.
« Cette baisse rend les ménages vulnérables aux dépenses imprévues ou aux effets néfastes des changements économiques, explique M. Bazian. Pour ceux qui vivent d’une paie à l’autre, n’importe quelle perturbation financière peut rapidement dégénérer en crise. »