Oktoecho célèbre 25 ans de création :quand la musique devient un lieu de rencontre
Il y a vingt-cinq ans, bien avant que le dialogue interculturel ne prenne la place qu’il occupe aujourd’hui dans le milieu artistique, Oktoecho faisait déjà de la rencontre entre les cultures le cur de sa démarche artistique.
Fondé en 2001 par la compositrice et directrice artistique Katia Makdissi-Warren, l’ensemble montréalais réunit des artistes issus de traditions musicales qui, à l’époque, se croisaient rarement : musiques du Moyen-Orient, de l’Occident, des Premières Nations, inuit et d’autres cultures du monde.
Cette démarche s’est enrichie au fil des ans grâce à Lydia Etok, artiste inuit, et Nina Segalowitz, artiste d’origine dénée et inuvialuite, aujourd’hui codirectrices artistiques du volet autochtone d’Oktoecho.
| « Lorsque j’ai fondé Oktoecho, je rêvais d’un espace où les traditions musicales pourraient se rencontrer dans le respect de leurs identités, sans jamais s’effacer les unes les autres. Vingt-cinq ans plus tard, je suis profondément émue de constater que ce rêve est devenu une communauté d’artistes, de partenaires et de publics qui partagent cette vision : la musique possède un immense pouvoir de rapprocher les êtres humains, de créer des ponts et de transformer notre regard sur l’autre et sur nous-mêmes », explique Katia Makdissi-Warren, fondatrice et directrice artistique. Depuis sa création, Oktoecho a présenté des centaines de concerts au pays et à l’international, du Lincoln Center de New York à la Corée du Sud, en passant par le Chili, l’Espagne, le Maroc, le Liban, la France, le Nunavik et de nombreuses régions du Canada. |
| Faire dialoguer les grandes institutions musicalesOktoecho a également développé des collaborations majeures avec plusieurs orchestres et ensembles, dont une création réunissant treize artistes autochtones avec l’Orchestre symphonique de Québec, ainsi que des projets avec, entre autres, l’Orchestre National de Bretagne, Les Violons du Roy et I Musici. Transmettre autant que créerDepuis plus de quinze ans, le volet jeunesse d’Oktoecho a permis à plus de 80 000 jeunes de découvrir le chant de gorge inuit et les musiques du Moyen-Orient. Ateliers, résidences, concerts participatifs et mentorats se sont déployés dans les villes comme dans les régions éloignées du Québec, de la Gaspésie au Nunavik, ainsi qu’en France. La transmission se poursuit auprès de la relève professionnelle avec Okto-Relève, qui accompagne de jeunes musiciens dans l’apprentissage des musiques traditionnelles du monde et la création musicale inspirée de ces traditions. Un nouveau volet développé en collaboration avec l’École de musique Vincent-d’Indy – Secteur collégial permet également d’offrir aux étudiants une formation. Pour Oktoecho, transmettre fait partie intégrante de la création. Des rencontres avec les peuples autochtones du monde Au Canada, Oktoecho a collaboré avec des artistes issus d’une quinzaine de nations autochtones, développant des relations artistiques fondées sur l’écoute, le respect et la création partagée. Cette démarche s’étend aujourd’hui bien au-delà du Canada. Oktoecho a déjà créé des rencontres entre des artistes autochtones du Canada et des artistes aborigènes d’Australie, Maoris de Nouvelle-Zélande et Mapuches du Chili. De nouveaux projets sont en développement afin de poursuivre ce dialogue et de bâtir un réseau où des artistes autochtones de différentes régions du monde peuvent partager leurs savoirs, leurs pratiques et imaginer ensemble de nouvelles formes de création. Une année anniversaire tournée vers l’avenir En 2026, Oktoecho poursuit son rayonnement international avec la création Écliptique, présentée notamment en Corée du Sud et bientôt en tournée au Pays basque. Au Québec, l’année anniversaire sera notamment marquée par une coproduction réunissant Oktoecho et les Choeurs du Plateau, dirigés par Roseline Blain, qui présenteront la pièce Les Grands Espaces à la Fonderie Darling, dans le cadre du concert Expositions sonores (1er septembre à 19 h). Suivra L’Écho des mondes, avec l’Orchestre classique de Montréal, sous la direction d’Andrei Feher, dans le cadre du Festival du Monde Arabe, en collaboration avec l’Association culturelle et d’amitié Turquebec (5 novembre). Enfin, Devenir fleuve, avec l’Orchestre symphonique de l’Estuaire et Léa Moisan-Perrier, sera présenté le 7 novembre. Ces projets prolongent une conviction qui anime Oktoecho depuis vingt-cinq ans : la musique peut devenir un espace d’écoute, de dialogue, de transmission et de rencontre. |