Le 1700 La Poste a le plaisir de présenter une exposition consacrée à la photographe Raymonde April dès le 7 octobre. Articulée autour de la notion de traversée, l’exposition réunit plus d’une centaine de photographies retraçant le parcours de l’artiste entre 1974 et 2022. Ce thème porteur se déploie selon trois axes : la temporalité, l’espace géographique ainsi que le regard porté sur l’autre et sur soi-même. Au fil des substantielles archives de Raymonde April, dont elle extrait des ensembles d’œuvres inédites, son approche cumulative et intuitive se révèle.
« Son travail est autobiographique dans la façon d’aborder les prises de vue. Un naturel et une pudeur caractérisent l’intimité qui se dégage de ses œuvres et en font valoir toute la sincérité. Chaque image laisse deviner une histoire sous-jacente qui la concerne dans son quotidien. Elle développe alors un vocabulaire pictural qui se déploie dans la juxtaposition des photos, formulant une narration poétique sans toutefois construire un récit explicite ou documentaire. »                                                                                                  Extrait du texte Traversée par Isabelle de Mévius
Un catalogue préfacé par Isabelle de Mévius réunit un texte littéraire de Charles Guilbert et un essai théorique et philosophique de Gwynne Fulton. Un court documentaire sur l’artiste, réalisé par Bruno Boulianne, est présenté pendant l’exposition.
 L’artiste  Née à Moncton en 1953, Raymonde April a grandi à Rivière-du-Loup. Photographe et artiste impliquée dans son milieu, elle cofonde La Chambre blanche en 1978 à Québec, l’un des premiers centres d’artistes autogérés au Canada. En 1981, elle s’installe à Montréal, où elle enseigne la photographie à l’Université Concordia de 1986 à 2019. Nommée officière de l’Ordre du Canada en 2010, elle est également lauréate du prix du Québec Paul-Émile-Borduas (2003) et du prix Paul-de-Hueck-et-Norman-Walford de réalisation professionnelle en photographie artistique (2005). À une époque où la photographie est pratiquée au Québec dans une perspective plus souvent documentaire qu’artistique, Raymonde April développe sa démarche de manière autonome, lors de ses études en arts visuels à l’Université Laval, influencée par la littérature et le cinéma. Elle est reconnue depuis la fin des années 1970 pour sa pratique minimaliste inspirée du quotidien, au confluent du documentaire, de l’autobiographie et de la fiction. Ses méthodes et objets d’étude sont définis par une approche cumulative, intuitive et précise. Dans les photographies de Raymonde April, des sujets qui l’entourent et des moments de la vie de tous les jours sont captés, transformés et magnifiés par une utilisation raffinée des qualités formelles de l’image photographique. Travaillant en noir et blanc depuis ses débuts, elle intègre aussi, vers 1999, la photographie couleur et numérique, le film 16 mm, la vidéo et le son, et continue, jusqu’à ce jour, à revisiter ses archives pour y explorer les notions d’intimité, de mémoire, de narration et de fragmentation.
Depuis plus d’une quarantaine d’années, Raymonde April a présenté son travail lors de nombreuses expositions individuelles et collectives au Québec et à l’étranger. Parmi ses expositions solos récentes, il y a notamment la double exposition Near You No Cold, présentée à la Galerie Donald Browne et au Centre Clark (Montréal, 2015); Raymonde April : la maison où j’ai grandi au Musée du Bas-Saint-Laurent (Rivière-du-Loup, 2013) et Équivalences lors du FOCUS Photography Festival en Inde (Mumbai, 2013). Elle a également conçu et réalisé des expositions collectives avec les membres du groupe Outre-vie/Afterlife, un projet qu’elle a initié en 2013. Les écrits de l’artiste se retrouvent dans plusieurs publications d’art, telles que Réservoirs soupirs (VU, 1993), L’eau renversée (Dazibao, 2002) et Soleils couchants (J’ai VU, 2004). Son travail a aussi fait l’objet de divers ouvrages, outre les catalogues de ses expositions. Raymonde April a également réalisé des œuvres filmiques, dont Tout embrasser, présentée au Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias (2000). Ses œuvres figurent au sein des principales collections publiques canadiennes et de nombreuses collections privées.