L’immobilier résidentiel poursuit sa période de transition au Québec, mais la plupart des marchés demeurent à l’avantage des vendeurs
L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) vient de publier les plus récentes statistiques du marché immobilier résidentiel de la province de Québec, établies d’après la base de données provinciale Centris des courtiers immobiliers. Au cours du 3e trimestre de 2026, 20 935 ventes résidentielles ont été réalisées par les courtiers immobiliers du Québec, soit 7 % de moins qu’à la même période en 2025.
Le marché immobilier résidentiel provincial poursuit sa période d’ajustement amorcée au tout début de 2026 : l’offre de propriétés à vendre continue de s’accroître et les acheteurs sont moins actifs sur le marché. Rappelons le point de départ avant ce changement de cap : un inventaire insuffisant de maisons unifamiliales les années précédentes et une offre limitée de copropriétés dans la plupart des centres urbains (sauf certains sous-marchés, tels que les quartiers centraux de l’île de Montréal).
La remontée de l’offre en cours et la baisse des transactions sont généralisées au Québec. Le niveau des ventes au troisième trimestre de 2026 s’avère toutefois comparable à la moyenne des 10 dernières années, alors que l’inventaire de propriétés disponibles n’est pas encore suffisant pour résorber la pénurie qui persiste dans certains marchés.
« En dépit de l’offre plus importante, le chemin vers un marché résidentiel globalement plus équilibré est loin d’être complété au Québec, et ce, même si la période de transition se poursuit dans la plupart des régions de la province. La remontée du nombre de propriétés disponibles atténue dans un premier temps la rareté de l’offre et élargit le choix pour les acheteurs potentiels. Elle contribue aussi à estomper le contexte de surenchère qui prévalait dans certains marchés, notamment celui de Québec », analyse Hélène Bégin, économiste-experte à l’APCIQ.
La RMR de Gatineau a été la première à amorcer un retour vers un marché plus équilibré, qui est maintenant atteint pour les copropriétés depuis quelques trimestres. Des conditions de marché semblables caractérisent aussi l’île de Montréal pour ce type d’habitations. Le périmètre du centre-ville de Montréal et le secteur sud-ouest sont toutefois déjà en surplus, alors que la plupart des autres sous-marchés demeurent sous pression en raison du faible inventaire.
« Du côté de l’unifamiliale, malgré un marché moins compétitif qu’il y a un an, les vendeurs demeurent en bonne position lors des négociations dans chacune des RMR et dans la plupart des grands secteurs de celles-ci. Les conditions demeurent néanmoins très avantageuses pour les vendeurs dans les régions métropolitaines de Québec et de Trois-Rivières, ainsi que dans les agglomérations de Rimouski, de Saint-Hyacinthe, de Rouyn-Noranda, de Victoriaville, de Joliette et de Shawinigan », ajoute Mme Bégin.
L’abordabilité se détériore
Le contexte économique et géopolitique incertain ainsi que la quasi-stagnation de la population sur le plan démographique, qui tranche avec l’essor des dernières années, ont contribué à tempérer le dynamisme du marché immobilier résidentiel un peu partout dans la province.
« L’inabordabilité des propriétés freine aussi l’élan en vue d’acquérir une maison ou une copropriété dans plusieurs marchés, surtout du côté des premiers acheteurs. Étant donné que les taux hypothécaires fixes ont augmenté au printemps et au début de l’automne, et qu’il est possible que le taux directeur de la Banque du Canada augmente d’ici la fin de 2026 ou, au plus tard, dès le début de 2027, la détérioration de l’abordabilité se poursuivra au Québec, puisque le prix médian des propriétés se maintiendra à un niveau élevé », précise Camille Laberge, directrice adjointe, Analyse de marché à l’APCIQ.
« Au Québec, la demande diminue, mais c’est insuffisant pour entraîner une baisse généralisée des prix, puisque, dans la plupart des marchés, l’offre ne fait qu’effectuer un retour graduel vers la normale après des années de flagrante pénurie de propriétés à vendre. Davantage de révisions à la baisse du prix demandé sont observées, signe que l’augmentation du nombre de propriétés à vendre crée des conditions moins compétitives. Dans ce contexte, les courtiers immobiliers accompagnent leurs clients afin d’établir le prix de vente demandé, comme le souligne notre récente publication Le marché décodé », souligne Camille Laberge.