Sainte Marine : Une rencontre immersive avec le passé
Chants Libres et Oktoecho, en partenariat avec la Société des arts technologiques (SAT), présentent en première l’opéra immersif Sainte Marine, du 9 au 11 novembre prochain à la Satosphère.
Cette œuvre s’inspire de l’histoire fascinante d’une femme moine maronite du 5e siècle, qui a vécu au Liban sous l’apparence d’un homme. Jeune, elle vit au monastère avec son père, en cachant sa féminité et masculinisant son prénom. Elle est un moine exemplaire très appréciée. Au grand étonnement de ses confrères, Marine est accusée d’avoir mis enceinte la fille de l’aubergiste. Elle est expulsée du monastère, avec pour ordre de s’occuper de l’enfant. Après trois ans à vivre d’aumônes et de jeûnes, Marine est réintégrée avec l’enfant à la demande des confrères. Sa véritable identité féminine n’est révélée qu’au moment de sa toilette mortuaire.
Trois créatrices contemporaines – Marie-Annick Béliveau, Katia Makdissi-Warren, et Charlie Poirier-Bouthillette – explorent la rencontre spirituelle et onirique avec Sainte Marine. Ce voyage artistique, sans fil narratif imposé, tisse un dialogue entre les voix du passé et du présent. À travers cette œuvre, elles nous invitent à réfléchir non seulement sur la dévotion et l’amour de cette femme, mais aussi sur la condition féminine à travers les âges. Quinze siècles plus tard, être femme est-il si différent ?
La technologie immersive n’est pas le centre de l’œuvre, mais un outil au service de la narration. Elle permet une rencontre visuelle, sonore et humaine entre interprètes et spectateurs, créant une expérience partagée où la réflexion se mêle à l’émotion.
Quelques hymnes de Saint-Éphrem qu’aurait certainement chantés Sainte Marine sont présents dans l’œuvre. Le reste de la musique, composée par la libano-québécoise Katia Makdissi-Warren, marie instruments traditionnels et contemporains s’inspirant de la musique maronite. À l’époque de sainte Marine, les maronites parlaient le syriaque, la langue de Jésus-Christ. Cette langue est toujours présente dans la liturgie maronite. Le livret de l’opéra est en français et en syriaque, afin d’insuffler à l’œuvre une dimension mystique et sacrée.
Le public est invité à découvrir cette œuvre lyrique unique qui montre la beauté de la culture maronite tout en se questionnant sur la condition féminine et l’identité.