La créatrice et chorégraphe Sarah-Ève Grant est engagée depuis dix ans dans une série de portraits de personnes-artistes issues de divers milieux. Cette fois-ci, Moins au sujet de moi, porte sur le danseur et enseignant Marc Boivin. S’intéressant à l’humain sous l’artiste et jouant avec la limite entre le vrai et le faux, Sarah-Ève s’empare du genre du docu-fiction pour livrer l’envers d’un décor, les confidences d’une personne et révéler l’infiniment petit sur scène. Moins au sujet de moi est une plongée dans ce qu’il se passe lorsqu’un artiste enseigne et dédie sa vie à la pratique de la danse.

Démarche artistique

« Tout commence lorsque j’écris un courriel à Marc Boivin. Nous prenons un café et discutons de mon projet de portraits. Je lui propose de venir observer ses cours techniques pour commencer le processus. J’observe environ 30 cours sur une période d’un an, pour un total de 60 heures. Chaque moment de présence que je partage en classe auprès de Marc est un spectacle à mes yeux – un véritable plaisir. Puis, il y a notre première période de création en studio ensemble, où nous discutons. C’est le moment pour moi d’en apprendre sur lui : son bagage d’enseignant, son parcours, sa personne. Je lui pose beaucoup de questions et ses réponses m’inspirent toujours. J’enregistre nos discussions, je l’observe, je lui demande son avis, je l’écoute. Je confirme de plus en plus que mon regard chorégraphique se penchera en particulier sur sa pratique d’enseignement. Notre complicité augmente au fil de la récolte d’informations et des périodes de création. Aujourd’hui la pièce est bâtie d’une multitude de couches. Celles perceptibles par le·la spectateur·rice n’en sont qu’une infime partie. De mon côté, j’ai en main des notes d’observations, la théorie qui soutient la pratique d’enseignement de Marc, des notions d’apprentissage, des termes, des enregistrements sonores, des discussions, des textes, des définitions. Voilà où nous en sommes. Il s’agit d’un processus et je vous remercie, cher public, d’en être témoin. » — Sarah-Ève Grant