Les salués Loveshit (2011), Le résultat de mes bêtises (2013), Volcano (2016), le double album Loveshit II (Blondie & The Backstabberz) (2017) et les simples qui ont suivi en témoignent: on peut soutenir, sans exagération aucune, que Jason Bajada s’est imposé par son incontestable talent de songwriter sur la scène musicale québécoise au cours de la dernière décennie. Les grandes chansons nées de sa main se font nombreuses. 

Aujourd’hui, on retrouve sur «Snake» la brillante plume folk et orchestrale de l’artiste à la voix emplie d’un souffle inimitable. Sans batterie ni percussions, dans un calme à la fois étrange et réconfortant, Bajada y relate le destin d’un amour tragique, le genre d’amour-poison aussi grisant qu’il peut s’avérer mortel. Le sujet est dur mais sa transmission, tout le contraire. 

Les teintes diffuses ornementées de sous-titres acérés, la fumée légère, la plantation des mégots, la danse des draps dans le vent, les raisins écrasés (furtif clin d’œil au titre du long jeu promis), la scie à chaîne… Immortalisé sur pellicule, le vidéoclip fait en ce sens écho à la pièce. Réalisé par Chedly Bouzouaia, grand complice de l’artiste, il joue sur cette idée de contrastes pour mettre en exergue la naissance et la chute de deux solitudes s’entrechoquant dans leur coexistence. 

Ce nouvel extrait (tout comme le disque à venir, composé sur deux ans entre New York, Montréal, les Îles-de-la-Madeleine et L.A) est le fruit d’une bulle créatrice à deux têtes, une coréalisation de Jason Bajada avec Connor Seidel (Charlotte Cardin, Elliot Maginot, Matt Holubowski, 1969 Collective).