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ESPACE GO REVIENT AVEC LA SENTINELLE  | COMMENT DÉPLOYER LES LEADERSHIPS DES FEMMES EN THÉÂTRE  ? Du premier au trois février prochain

En 2019, ESPACE GO s’unit aux Femmes pour l’Équité en théâtre (F.E.T.) et au Réseau québécois en études féministes (RéQEF) en organisant le Chantier féministe sur la place des femmes en théâtre.
Au terme de ce chantier, ESPACE GO s’engage ensuite à organiser trois sentinelles, dans le but de faire un suivi des recommandations énoncées lors de l’événement et d’aborder de façon plus spécifique certaines questions touchant les femmes en théâtre.
À l’été 2020, des voix s’élèvent et des paroles se libèrent pour dénoncer les violences psychologiques et sexuelles au sein du milieu théâtral. La Sentinelle #1 : Pour la transformation, avait pour mandat, en 2021, d’incarner un espace sécuritaire pour discuter de ces enjeux et, plus largement, réfléchir aux systèmes de domination qui reconduisent ces violences, et ce, dans le but d’identifier des moyens pour faire évoluer le milieu.
Aujourd’hui, avec cette deuxième sentinelle qui a pour titre Pour l’avenir, ESPACE GO souhaite creuser et approfondir une question qui, déjà en 2019, était en filigrane de la programmation du Chantier féministe : Comment déployer les leaderships des femmes en théâtre? 
À l’heure du renouvellement de plusieurs directions artistiques de théâtre, constatant que peu de femmes ont accédé à ces postes ces dernières années au Québec –  et aucune femme racisée- , le comité de pilotage (formé d’artistes, de chercheuses, de travailleuses culturelles et de directrices artistiques) dégage deux axes qui leur apparaissent nécessaires et urgents de soulever : d’une part, l’accession pour les femmes à la direction artistique d’une institution théâtrale et, d’autre part, la présence et l’accès à la diffusion dans les théâtres institutionnels pour les metteuses en scène racisées. Si les metteuses en scène racisées et issues de l’immigration sentent que les portes des institutions sont fermées ou frileuses à diffuser leurs œuvres, comment peuvent-elles s’imaginer diriger un jour ces mêmes institutions?
Pour mieux comprendre ces enjeux et la façon dont ils s’articulent concrètement dans la réalité des personnes concernées, un comité de recherche a été mis en place dans le but de réaliser des entrevues avec des praticiennes en théâtre, des metteuses en scène racisées, ainsi que des diffuseurs montréalais.
La programmation de la Sentinelle #2 : Pour l’avenir se présente donc comme le fruit des résultats de cette recherche et des discussions enflammées entre les membres du comité de pilotage, sans oublier l’apport fondamental des différent·es intervenant·es qui s’inscrivent dans la programmation.
OBJECTIFS DE LA SENTINELLE #2 : POUR L’AVENIR
Faire un suivi des recommandations formulées au terme du Chantier féministe en 2019; S’informer, s’instruire, se questionner à travers les recherches menées dans le cadre de la Sentinelle #2, sur l’accès aux femmes* aux postes de direction dans les théâtres, sur l’accès à la diffusion des œuvres des metteuses en scène racisées** et sur l’évolution de la présence des femmes dans le milieu théâtral; Échanger sur des pratiques et des réalisations inspirantes et sur de nouveaux modèles de direction artistique;  Échanger sur les aspirations des metteuses en scène issues de l’immigration; Sensibiliser et réfléchir ensemble dans une perspective intersectionnelle aux enjeux des biais inconscients, de la discrimination positive ou du tokénisme à l’endroit des artistes des communautés racisées; Élargir nos réseaux de solidarité et de sororité.

UNE DERNIÈRE SAISON POUR GINETTE NOISEUX AU THÉÂTRE ESPACE GO EN 2023-2024!

La codirectrice générale et directrice artistique du Théâtre ESPACE GO, Ginette Noiseux, annonce que la saison 2023-2024 sera sa dernière à la barre de l’institution du boulevard Saint-Laurent à Montréal. Ce sera la 45e saison de la compagnie.
Ginette Noiseux avait 23 ans, le jour où elle a franchi la porte du Théâtre Expérimental des Femmes, devenu ESPACE GO en 1985. Elle ne savait pas qu’elle y engagerait toute sa destinée. En 1991, elle était plus que jamais convaincue que pour assurer la pérennité de la compagnie, pour mettre à l’abri sa mission artistique unique, il fallait être visionnaire. Il fallait construire un bâtiment! À l’aube de ses 65 ans, elle considère avoir pleinement déployé sa vision. Elle quitte avec le sentiment de fierté d’avoir construit une maison de théâtre, le Théâtre ESPACE GO, où la parole et le talent des femmes artistes peuvent s’exprimer librement. 
Aujourd’hui, si j’incarne toujours avec la même ardeur le présent d’ESPACE GO, 
je ressens de toute mon âme le besoin qu’une nouvelle direction artistique imagine et travaille à sondevenir. C’est donc avec beaucoup de sérénité, et bien entendu beaucoup d’émotions, que je vous annonce que la saison 2023-2024 sera la dernière programmation artistique que je signerai et accompagnerai à la barre de la compagnie. »

Ginette Noiseux

Neecheemus

Pour clore sa deuxième année en tant qu’artiste en résidence au Théâtre ESPACE GO, l’autrice et metteure en scène Émilie Monnet propose au public NEECHEEMUS, un événement festif réunissant des paroles intergénérationnelles de femmes inspirantes et inspirées autour du thème de l’Amour et de l’érotisme. À l’occasion de trois soirées ludiques et engagées, dix femmes artistes autochtones et noires partageront leur conception de l’amour et de la sexualité à travers un geste artistique ou une prise de parole spontanée.

La conception de l’amour, de l’érotisme et du plaisir est imbriquée au sein même des langues autochtones et des histoires traditionnelles, qui portent en elles une vision du monde spécifique à chacune des cultures et des territoires dont elles sont issues. Ce rapport à l’amour et à la sexualité diffère de la conception occidentale et de son articulation dans les langues latines et anglo-saxonnes. Ainsi, ce spectacle donnera à connaître les conceptions de l’amour que l’on retrouve dans différentes communautés culturelles, permettant d’enrichir par cet éventail de propositions notre propre conception de l’amour et celle de notre rapport à l’autre. En 2020, Émilie Monnet proposait un spectacle événementiel similaire dans sa forme au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Intitulé KICIWEOK, ce spectacle festif réunissait plusieurs artistes autochtones qui s’emparaient à tour de rôle d’un mot dans leur langue autochtone pour l’offrir dans une prise de parole au public. Cette fois-ci, c’est de l’amour et de l’érotisme dont il sera question.

Émilie Monnet proposait la saison dernière un projet en trois volets sur le thème de l’esclavage (la triade Marguerite), dont faisait partie la pièce MARGUERITE : LE FEU présentée au Théâtre ESPACE GO en janvier dernier. Avec ce projet, l’importance de créer des espaces entre communautés autochtone et noire s’est confirmée. Aujourd’hui, Émilie souhaite parler d’amour, surtout après deux ans de pandémie, et les créatrices de NEECHEEMUS ont eu envie d’élargir le concept d’autochtonie au-delà de la frontière québécoise ou canadienne, car il existe des premiers peuples partout, en Afrique aussi, notamment le peuple Amazigh en Afrique du Nord (origines de l’artiste Elkahna Talbi) ou le peuple Woyo au Congo (Tatiana Zinga Botao). Évidemment chaque culture a ses traditions, ses histoires et des conceptions spécifiques au territoire d’où elle vient. Émilie souhaite donc réunir plusieurs voix différentes pour témoigner d’une autre façon d’être en relation avec l’autre, tout en célébrant différentes conceptions de l’amour dans toutes ses formes. 

Émilie Monnet embrasse à travers ses performances et les œuvres qu’elle produit une démarche artistique ancrée dans des processus de création interdisciplinaires et multilinguistiques, afin de sonder les thèmes de la mémoire, de l’histoire et de la transformation.  Artiste interdisciplinaire engagée, elle fonde en 2011 les Productions Onishka afin de tisser des liens entre artistes de différents peuples autochtones, toutes disciplines confondues. 

Se servant de la technologie pour rendre à voir l’invisible, Monnet explore le langage, les identités fragmentées et plurielles des peuples autochtones, ainsi que notre rapport à la mémoire et au legs culturel.

Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, la pratique d’Émilie Monnet privilégie les processus de création collaboratifs, et ses œuvres sont le plus souvent présentées sous forme de théâtre interdisciplinaire ou d’installations immersives. Artiste autochtone en résidence à l’École nationale de théâtre du Canada, elle présente depuis 2016, Scène contemporaine autochtone / Indigenous Contemporary Scene, une plateforme nomade pour la diffusion des arts vivants autochtones. Cinq éditions ont été créées jusqu’à ce jour et la plus récente édition en format festival a été présentée à l’été 2019 en partenariat avec le Festival International d’Édimbourg, le Festival international du livre d’Édimbourg et le Fringe Festival d’Édimbourg. Émilie est d’origine anishnaabe (algonquine) et française et a grandi entre l’Outaouais et la Bretagne. Elle vit actuellement à Tiohtià :ke/Mooniyaang/Montréal.

Du 19 au 21 janvier 2023


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