LE MUSÉE DE LA CIVILISATION CÉLÈBRE SA RÉOUVERTURE AVEC LES MAYAS !

 Le Musée de la civilisation célèbre sa réouverture de façon grandiose en offrant à ses visiteurs rien de moins qu’un voyage au pays des Mayas d’Amérique centrale. Commencée il y a 5 000 ans, l’histoire de cette civilisation dorée constitue l’un des héritages culturels les plus riches au monde. Au moment de son apogée, entre le 3e et le 8e siècles de notre ère, elle figurait parmi les plus avancées en Amérique surpassant même, par son raffinement, la culture européenne. Aujourd’hui, malgré les guerres, les famines et les changements climatiques, les Mayas sont toujours là! Ils sont plus de 6 millions à vivre au Guatemala, au Bélize et au Mexique, Ils parlent toujours leur langue et préservent leur culture millénaire. À voir absolument, jusqu’au 3 octobre prochain.

Conçue par MuseumsPartner (Autriche), en collaboration avec le ministère de la Culture et des Sports du Guatemala, l’exposition MAYA est présentée au Musée de la civilisation avec le soutien financier du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec, dans le cadre de l’Entente de développement culturel, ainsi qu’avec la participation de Radio-Canada et du Fairmont Le Château Frontenac à titre d’hôtel officiel.

Provenant du Musée national d’archéologie et d’ethnologie du Guatemala et de la Fondation La Ruta Maya, près de 300 trésors témoins de la richesse de cette culture — statuettes, stèles de pierre, bijoux — sont mis en valeur à l’intérieur d’une scénographie vivante et colorée. Des stations interactives, des projections vidéo grand format et des ambiances sonores enveloppantes complètent l’expérience.

Un peuple en symbiose de corps…

Le parcours, décliné en 12 zones, révèle une civilisation en symbiose de corps et d’esprit avec son environnement tropical. Pendant des siècles, ils ont dominé le territoire parfois très hostile de la forêt tropicale et y ont développé des méthodes ingénieuses d’agriculture pour faire pousser maïs, courges et haricots. Dotés d’une organisation sociale avancée, les Mayas ont érigé des cités en pleine forêt, construit des temples impressionnants au sommet de hautes structures étagées. Entre ces citées était établi un gigantesque réseau commercial reliant les hautes terres du Guatemala à l’océan Pacifique, à la mer des Caraïbes et aux basses terres mayas. Le transport de marchandises, dont le précieux cacao, se faisait par canot mais surtout à dos d’homme puisqu’aucune bête de somme ne pouvait se déplacer dans la jungle. Chaque cité compte un roi considéré comme un demi-dieu puisqu’il assure la communication entre son peuple et le divin.

… et d’esprit avec son environnement

La forêt n’est pas que nourricière pour le corps; elle l’est aussi pour l’esprit. Les compagnons de l’âme des Mayas se présentent sous les traits d’un mammifère, d’un reptile, d’un insecte ou d’un être fantastique à plusieurs visages. Les Mayas vénéraient environ 8 000 dieux et déesses qui pouvaient changer de sexe et se multiplier. Dieux de la pluie, du commerce, de la guerre, de la fertilité, chacun possédait un caractère unique. Lors des rituels sacrés, les Mayas sacrifient des animaux ou même faisaient don de leur sang. Celui du roi était le plus précieux, on le réservait aux crises graves…

L’écriture et les mathématiques : des dons divins

Se croyant bénie de ses dieux, la civilisation maya se distinguait particulièrement pour ses profondes connaissances de l’écriture, des sciences et des mathématiques. Le roi se servait de l’écriture hiéroglyphe pour affirmer son autorité, communiquer d’importantes nouvelles et pour consigner les faits marquants de sa vie. Une vie mesurée à l’aide d’un calendrier de rites de 260 jours, d’un calendrier de 360 jours relié à l’année tropicale et d’un calendrier incluant tous les jours écoulés depuis la fondation du monde. Experts en mathématiques et en astronomie, les Mayas avaient un système de numérotation basé sur le nombre 20 incluant les chiffres de 0 à 19.

Quelques stèles ont été préservées et permettent de déchiffrer le langage complexe des Mayas, ce qui n’est pas le cas des codex en papier d’écorce. Seuls quatre ont été sauvés des flammes espagnoles au 16e siècle. Celui en salle est une reproduction d’un exemplaire conservé à Dresde, Allemagne.

Déclin et résilience

La fréquence des guerres entre royaumes finit par détruire une structure sociale et politique en place depuis des millénaires. Au tournant du 10e siècle, une nouvelle façon de partager les richesses entre les dirigeants et le peuple s’installe au profit d’une économie florissante. En 1517, les Espagnols découvrent un système infiniment plus dynamique que leur système féodal. La civilisation maya n’est jamais disparue. Les Mayas ont préservé leur culture malgré les aléas de la politique, de l’économie et du climat. Ils ont survécu à la conquête espagnole et aux épidémies, se sont battus contre les travaux forcés et la discrimination dont ils ont été victimes. Forts et résilients, ils ont beaucoup à nous apprendre.

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