L’autrice-compositrice-interprète en nomination aux prix JUNO, Kandle Osborne lance aujourd’hui son nouvel album Set The FireAvec une âme digne d’un âge d’or artistique l’ayant précédée, l’artiste originaire de la Colombie-Britannique prend les rênes de sa carrière tandis que ses ambitieuses visions créatrices se matérialisent, sans compromis. S’étant amorcée l’an dernier lors la sortie du EP Stick Around and Find Out, une transition se concrétise en effet avec Set The Fire, son quatrième album studio et son premier à titre d’artiste indépendante 

Le nouvel album présente un esthétique mi-cabaret, mi-rock’n’roll caractérisant le son que s’est forgé l’artiste. Avec une voix brute et profonde, que l’on a souvent comparée à celles de Shirley Bassey et de Nancy Sinatra, Kandle semble porter en elle la sagesse, mais aussi la tristesse, de plusieurs générations de femmes ayant vécu avant elle. Profondément touchée par l’héritage des poètes et des géants contemporains tels que Nick Cave et Leonard Cohen, elle s’intéresse aux disques qui ont marqué l’histoire du rock et de la pop.

Il aura fallu trois semaines pour compléter la production de Set The Fire et Kandle avoue avoir énormément apprécié le sprint. Aux commandes avec le réalisateur Michael Rendall, qu’elle surnomme son âme soeur musicale, Kandle s’est lancée de manière intensive dans l’expérience. Pendant trois semaines, il n’y avait que la musique, et rien d’autre. Soutenue par Rendall qui a pris ses idées et ses instincts au sérieux, l’encourageant à faire confiance à ses connaissances musicales avérées, Kandle en est venue à donner vie à l’une de ses chansons les plus vulnérables à ce jour. Sous la forme d’une ballade au piano, «Misty Morning» relate le moment où Kandle a connu l’amour pour la première fois. Ayant d’abord voulu se cacher derrière des arrangements costauds pour la livrer, elle y est toutefois allée d’une version dépouillée de tout artifice, laissant toute la place à l’intimité et à ces histoires que l’on ne raconte qu’à soi-même. «I felt like just a body since the age of 17», chante-elle, désarmante. La chanson dépeint ce qu’est l’apprentissage de l’amour, celui d’aimer et d’être aimée en retour, malgré les travers et les échecs. «Comme artiste, les hommes ont cette idée de moi… Ils croient que je suis cette rockeuse puissante et sexy. Souvent, quand je dévoile ma vulnérabilité et mes failles, quand je deviens une «vraie» personne, les problèmes surviennent. «Misty Morning» parle de quelqu’un qui est resté à mes côtés malgré les temps durs, et de mon étonnement devant le fait qu’un autre humain puisse m’aimer en dépit de tout». 

Ailleurs sur l’album, on retrouve la pièce «Honey Trap» — où l’on peut entendre les choeurs de Louise BurnsDebra-Jean Creelman (Mother Mother) et Kendel Carson (Alan Doyle) —, qui traite d’une relation toxique, de sa reconnaissance jusqu’au moment où l’on reprend enfin le contrôle. Sur un fond de guitares sulvotées et saturées, la voix de Kandle se fait défiante et livre habilement son message. Vient finalement la sombre «Vampire», qui clôture l’album avec un clin d’oeil au swing des années 60. « I may be deadly but I won’t let you down». 

Set The Fire se veut la trace du voyage menant Kandle à la rencontre d’elle-même, à travers la redécouverte de ses forces innées et de ses capacités. C’est aussi le portrait d’une personne, à découvert, qui apprend à se faire confiance. Et entendre le tout fait résolument du bien à l’âme.