Lancement des Signes vitaux du Grand Montréal sur les iniquités territoriales
La Fondation du Grand Montréal (FGM) et Vivre en Ville lancent aujourd’hui un nouveau rapport Signes vitaux du Grand Montréal sur les iniquités territoriales. Réalisé en partenariat avec de nombreux acteurs, ce diagnostic partagé met en lumière une réalité troublante : dans le Grand Montréal, les secteurs où vivent davantage de personnes à faible revenu sont aussi ceux où le cadre bâti est le moins favorable à la qualité de vie. Sur la base d’indicateurs concrets, le rapport présente des analyses inédites, des témoignages et de nombreuses cartes illustrant ce phénomène d’iniquités territoriales.
« Aucun quartier, aucun citoyen, n’est une île. Nos milieux de vie sont profondément interconnectés et façonnent notre santé, notre bien-être, et notre capacité à surmonter les crises. Lorsque certains territoires du Grand Montréal sont laissés de côté, c’est toute notre résilience collective qui en souffre. Pour bâtir un avenir plus juste et durable, nous devons repenser nos espaces urbains afin qu’ils répondent aux besoins de toutes et de tous, en particulier les plus vulnérables » affirme Karel Mayrand, président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal.
Le rapport appelle à une mobilisation collective fondée sur l’implication citoyenne et à orienter nos décisions, nos investissements, nos politiques publiques vers des solutions qui priorisent les besoins des populations les plus vulnérables et ne laissent personne de côté.
« C’est maintenant prouvé : dans le Grand Montréal, les quartiers où se concentrent la pauvreté et les vulnérabilités sont aussi moins bien équipés et moins favorables à la santé. Alors que notre façon d’organiser les milieux de vie devrait viser à atténuer les inégalités, ce sont toujours les mêmes qui subissent un cumul de nuisances. L’ensemble de nos politiques et programmes, à tous les paliers, doit être passé au crible pour les mettre au service de l’équité » souligne Jeanne Robin, directrice principale de Vivre en Ville.
Quelques constats clés des iniquités territoriales dans le Grand Montréal
58 % des ménages à faible revenu se concentrent dans le tiers des secteurs de recensement du Grand Montréal.Les secteurs défavorisés cumulent plusieurs désavantages : faible couverture arborée, accès restreint au transport collectif, pollution de l’air, insécurité routière, etc.Changements climatiques : les secteurs défavorisés suffoqueront plus que les autres – On y compte 3 fois plus d’îlots de chaleur et 5 fois moins d’îlots de fraîcheur.Sécurité routière : des écoles à plusieurs vitesses – En milieu défavorisé, seulement 6 % des écoles bénéficient d’un environnement routier sans artères majeures, comparativement à 22 % des autres écoles.Commerces et services : une accessibilité piétonne menacée – La pression immobilière dans les rares secteurs bien équipés pourrait forcer les plus vulnérables à s’en éloigner.Crise de l’habitation : une offre insuffisante et trop souvent absente – Le logement social et à but non lucratif ne représente que 4 % du parc résidentiel du Grand Montréal. À l’extérieur de l’agglomération de Montréal, près du quart des municipalités n’ont aucun logement HLM.
Des pistes d’action pour réduire les iniquités territoriales
Habitation : Multiplier l’offre de logement social et à but non lucratif, en priorité dans les milieux les mieux pourvus en infrastructures et services (transport en commun, ressources de proximité, etc.).Ressources de proximité : Faire de la proximité un critère prioritaire dans l’organisation des services publics et le choix de localisation des équipements publics. Augmenter la canopée en priorité dans les secteurs défavorisés.Mobilité : Développer le réseau structurant de transport collectif en priorité dans les secteurs défavorisés moins bien pourvus et suffisamment denses.Risques environnementaux : Développer des programmes de préparation et de rétablissement face aux risques environnementaux qui ciblent les secteurs défavorisés et les personnes en situation de vulnérabilité.
Des données pour agir
« Ce diagnostic partagé complète et s’appuie sur des connaissances développées par les autorités publiques et les nombreuses organisations qui œuvrent sur le territoire du Grand Montréal. Au fil de sa réalisation, nous avons constaté une prise de conscience croissante, à plusieurs niveaux, de la nécessité de s’attaquer spécifiquement aux iniquités territoriales. Ce rapport appartient désormais à la collectivité du Grand Montréal. Nous souhaitons que les constats dressés ici soutiennent un renforcement de l’action pour un Grand Montréal équitable » appellent Karel Mayrand, président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal, et Jeanne Robin, directrice principale de Vivre en Ville.
Le rapport Signes vitaux sur les iniquités territoriales est disponible en accès libre sur le site internet de la Fondation du Grand Montréal.