Une nouvelle série télévisée intitulée Hôtel Beyrouth voit le jour plus de 140 ans après l’arrivée du premier Libanais au Canada. Les premières images montrent l’arrivée des Haddad, une famille libanaise qui a émigré pour le Canada à la fin des années 80 en pleine guerre du Liban. Tristement, le lancement de cette série coïncide avec une nouvelle guerre meurtrière au pays du miel et le mois de novembre est le mois du patrimoine libanais, une célébration qui n’en sera pas une.
Hôtel Beyrouth, réalisée par Ania Jamila et Josiane Blanc, figure parmi les sélections officielles du Festival de films francophones CINÉMANIA et sera à l’honneur pour la soirée Tapis rouge qui aura lieu à Montréal, le 8 novembre.
« C’est la première fois qu’on rend honneur à une famille libanaise et à des immigrants dans une émission pour le marché télévisuel canadien francophone. Il y a un réel engouement de la part de la communauté libanaise partout au Canada, cela fait longtemps qu’elle attend qu’on raconte leur histoire humaine et riche, sans la confiner à une histoire de guerre, car les Libanais sont bien plus que cela! » déclare Josiane Blanc, cofondatrice de Sahkosh productions.
Hôtel Beyrouth est une idée originale d’Ania Jamila, productrice et cofondatrice de Sahkosh productions et de Patrick Saad, artiste multidisciplinaire. Inspirée de l’enfance de Patrick qui n’avait que cinq ans lorsque sa famille a fui le Liban, cette co-production de Sahkosh Productions et Productions Ocho en collaboration avec TFO, sera disponible sur tfo.org dès le 24 octobre et à la télévision sur TFO dès le 31 octobre partout au Canada
« Hôtel Beyrouth met en lumière les expériences réelles des familles immigrantes, peu importe de quel pays elles émigrent. J’espère que les jeunes d’ici et leurs parents pourront s’identifier à nos personnages dans ces histoires souvent ignorées sur nos écrans, » dit Daniela Mujica, fondatrice et présidente de Productions Ocho.
La série met en vedette Jory Eldred et Elias Leo Asmar (premier rôle à la télévision pour les deux) et est soutenue par des comédiens chevronnés comme Christina Tannous, Chadi Alhelou, Natalie Tannous, Hiam Abou Chedid et Manuel Tadros.
« Nous avons voulu tout raconter avec humour, amour et cette petite touche d’innocence que seuls des jeunes peuvent transmettre. En ces temps tragiques, qui nous prouvent malheureusement que l’histoire ne cesse de se répéter, c’est urgent de rappeler au monde qu’on parle de vrais humains, qu’ils et elles ont des noms, des rêves, que leur âme est ensoleillée. J’ai encore la voix de la maman de Patrick Saad dans mes oreilles, ses messages vocaux me bouleversaient,» déclare Ania Jamila, cofondatrice de Sahkosh productions. La première saison de huit épisodes scénarisés par Ania Jamila, Josiane Blanc et Bernard Boulad, aussi arrivé du Liban au Québec à la même époque que Patrick Saad, s’adresse aux jeunes de 13 à 17 ans et à leurs familles. Les parents autant que leurs enfants s’identifieront aux personnages, aux enjeux, à l’humour et aux valeurs véhiculées.
Zeina (14 ans) et Fady (9 ans) crèvent l’écran! On découvre au fil des épisodes que la résidence familiale devient le lieu d’accueil par excellence des nombreux Libanais exilés au Canada cherchant temporairement refuge, et ce, au grand désespoir des enfants qui ne rêvent que d’une chose : avoir leur propre chambre. Une histoire d’entraide, de reconstruction, d’adaptation, vue à travers les yeux de deux jeunes très attachants : Zeina, ado allumée, sensible, en pleine crise identitaire; et Fady, un jeune garçon curieux et dynamique, qui se met souvent les pieds dans les plats. Entre kafta et pâté chinois, musique libanaise et pop nord-américaine, les enfants de la famille Haddad se retrouvent pris entre deux mondes. Vont-ils être heureux dans leur nouvelle vie?
Les Libanais au Canada : 140 ans de présence constructive
« Le Liban connaît une des pires années de son existence. Le flot de Libanais fuyant la guerre a repris de plus belle. J’espère que cette série qui raconte mon enfance ainsi que les défis de mes parents saura apporter un peu de paix dans le cœur de tous, » déclare Patrick Saad.
On dit que le premier Libanais est arrivé au Québec en 1856. Aujourd’hui, l’estimation officielle de la communauté libanaise au Canada, telle que déclarée par Affaires mondiales Canada, se situe entre 200 000 et 400 000 personnes d’origine ou de descendance libanaise résidant au Canada (nées au Liban ou au Canada). Au fil du temps, de nombreux descendants libanais se sont pleinement intégrés à la société canadienne, souvent sans aucun document officiel libanais, donc difficile à rajouter aux statistiques de recensement.
La communauté libanaise est répartie dans toutes les provinces comme suit :
· Ontario : 40%,
· Québec 35% (la plus grande communauté libanaise au Canada se trouve dans la région de Montréal),
· Alberta 12%,
· Nouvelle-Écosse 6%,
· Colombie-Britannique 3%, autres 4%.