Des jeunes ayant vécu l’itinérance interpellent les chefs de partis
| Alors qu’un tiers (33%) des jeunes connaîtront un épisode d’itinérance dans les 3 ans suivant leur sortie d’un placement en protection de la jeunesse et que plus de quatre personnes en situation d’itinérance sur dix (44 %) ont vécu leur premier épisode d’itinérance avant l’âge de 25 ans, des jeunes ayant eux-mêmes connu cette réalité interpellent directement les chefs de partis politiques du Québec. À travers sa campagne « Fermer le robinet », la Coalition Jeunes+ donne la parole à quatre jeunes au savoir expérientiel qui présentent, dans une série de capsules vidéo, leur parcours, mais surtout les solutions qu’ils souhaitent voir intégrées aux engagements des partis politiques. Leur message : pour freiner durablement la crise, le Québec doit non seulement répondre à l’urgence, mais aussi empêcher davantage de jeunes de basculer vers l’itinérance. |
| La Coalition Jeunes+ demande ainsi aux chefs de partis de s’engager sur quatre mesures : 1-Offrir aux jeunes sortant de la protection de la jeunesse une prestation financière directe, couplée à des services psychosociaux; 2-Inscrire explicitement le droit au logement dans la Charte québécoise des droits et libertés; 3-Identifier rapidement les familles à risque et assurer sans délai l’accès aux services adaptés; 4-Lancer un chantier pour l’élaboration d’une stratégie interministérielle dédiée à la prévention de l’itinérance jeunesse. |
| « Il faut fermer le robinet » Pour la Coalition Jeunes+, la prévention doit devenir un véritable pilier de la réponse québécoise à l’itinérance. La situation des jeunes qui sortent d’un placement en protection de la jeunesse illustre particulièrement l’urgence d’agir : un jeune placé sur trois vivra un épisode d’itinérance avant l’âge de 21 ans. « On peut continuer d’ouvrir des refuges et d’intervenir lorsque des jeunes se retrouvent à la rue, et ces ressources sont essentielles. Mais tant qu’on n’empêchera pas de nouveaux jeunes d’y arriver, la crise va continuer de grossir. Il faut fermer le robinet. Nous avons vécu ces parcours et nous savons à quels moments les systèmes nous échappent. Aujourd’hui, nous demandons aux chefs de partis de s’engager sur des solutions concrètes pour que d’autres jeunes n’aient pas à vivre la même chose », affirme Mélodie Cordeau, porte-parole de la Coalition Jeunes+.La prévention constitue également un enjeu économique. Selon la plus récente étude de l’UMQ, l’itinérance représenterait des dépenses publiques de plus de 95 000 $ par personne, par année, notamment en coûts de santé, de services sociaux et de sécurité publique. Pour la Coalition Jeunes+, la question n’est donc pas seulement de savoir combien coûte la prévention, mais également combien coûte collectivement le fait d’attendre que les jeunes se retrouvent en situation d’itinérance. |
| Quatre parcours, quatre solutions Les quatre capsules de la campagne mettent en lumière différents moments où une intervention plus rapide ou mieux coordonnée aurait pu changer une trajectoire. Mickaël – La transition à la vie adulte après la DPJ « À la transition de la vie adulte, j’ai eu aucun support, aucun accompagnement, donc aucune aide pour faire ma demande d’aide sociale à la DPJ, aucune aide pour faire une demande de RAMQ, rien du tout. On m’a donné deux sacs de vidange, on m’a dit “ciao bye, débrouille-toi”. Donc, j’ai tombé à la rue, poches vides, mains vides, absolument rien. Laissé seul à moi-même. » |

| Pénélope – Le soutien aux familles « Moi, j’ai vécu une situation il y a quelques années avec ma fille qui aurait pu être évitée si j’avais eu accès à tous les services que j’avais besoin. Mais malheureusement, c’était pas le cas parce que je les connaissais pas et il y avait vraiment des longs délais. » |
| Mélodie – La coordination des services « Pour avoir vécu l’itinérance pendant plusieurs années, j’ai remarqué souvent que les systèmes avaient de la difficulté à travailler ensemble, qu’il n’y avait pas de cohérence, qu’il y avait des temps d’attente interminables, puis notre tissu social est en train de se défaire. » |
| Alicia – L’accès au logement « Depuis maintenant plus d’un an, je vis une instabilité résidentielle. Malheureusement, je ne suis pas seule dans cette aventure. J’ai aussi mes trois enfants. Mon dossier considéré comme urgent et prioritaire, ça a pris sept mois avant que je sois logée. » |
| Les capsules seront diffusées graduellement sur les médias sociaux de la Coalition Jeunes+. L’ensemble des témoignages et des recommandations de la campagne sont également réunis sur le site Web de l’organisme. |
Des jeunes ayant vécu l’itinérance interpellent les chefs de partis



