Antisémitisme en hausse au Québec
L’Association des Médecins Juifs du Québec (AMJQ) dévoile les résultats alarmants d’un sondage réalisé auprès de ses membres, mettant en lumière une augmentation significative des actes antisémites dans le milieu médical québécois depuis le 7 octobre 2023. Ces données révèlent non seulement une intensification des incidents, mais aussi des répercussions directes sur la carrière et la santé mentale des professionnels juifs.
Une hausse préoccupante des incidents dans les milieux de pratique
Dans les milieux universitaires, l’impact se révèle encore plus prononcé : 27 % des répondants signalent des comportements antisémites graves ou intenses, une augmentation notable par rapport à la période précédant le 7 octobre. Les témoignages font état d’insultes directes, de remarques visant l’identité juive et de démonstrations publiques de soutien à des mouvements anti-israéliens sur les campus.
Conséquences sur la carrière et la pratique médicale
Les résultats du sondage révèlent que 18 % des médecins envisagent de réduire leurs activités d’enseignement, tandis que 10 % ont déjà pris des mesures pour changer d’affiliation académique ou hospitalière. Près de 24 % des répondants envisagent de quitter le Québec pour s’installer ailleurs au Canada, aux États-Unis ou en Israël, en raison de la montée de l’antisémitisme.
« Les résultats de cette enquête sont alarmants et montrent clairement une dégradation du climat dans le milieu médical québécois » déclare le Dr. Lior Bibas, vice-président de l’AMJQ. « Au-delà de nos membres, c’est toute la communauté juive qui perçoit une recrudescence des incidents antisémites dans la vie quotidienne. Nous appelons les autorités universitaires et hospitalières à agir rapidement pour instaurer un environnement de travail inclusif et exempt de haine, permettant à chaque professionnel de la santé d’exercer sa vocation dans la dignité et le respect. Par ailleurs, l’AMJQ maintient un dialogue constructif avec le gouvernement du Québec et constate une grande ouverture de leur part sur ces enjeux importants. »
McGill et les universités francophones : des différences significatives
Les données du sondage mettent en lumière des différences notables entre les expériences des médecins affiliés à McGill et celles des universités francophones (Université de Montréal, Sherbrooke et Laval) face à l’antisémitisme. Avant le 7 octobre, 41,55 % des répondants de McGill ont déclaré ne pas avoir vécu d’incidents antisémites en milieu universitaire, contre 42,86 % pour les universités francophones. Toutefois, les incidents modérés à sévères étaient plus fréquents à McGill (11,27 %) qu’ailleurs (4,76 %). Après le 7 octobre, ces proportions augmentent respectivement à 19,72 % et 7,14 %,traduisant une hausse des tensions, notamment sur le campus de McGill où des manifestations et des actes de vandalisme ont été rapportés.
En milieu hospitalier, les différences persistent, bien que moins marquées. Avant le 7 octobre, 45,77 % des répondants de McGill et 50 % de ceux des universités francophones n’ont rapporté aucun incident. Après cette date, les incidents modérés à graves concernent 15,49 % des répondants de McGill et 9,52 % des répondants francophones.
Témoignages choquants : une montée de la haine et de la discrimination
Les témoignages recueillis dans le cadre du sondage dressent un tableau sombre de l’expérience des médecins juifs. Un médecin a rapporté qu’un patient a refusé de recevoir des soins après avoir découvert que le praticien portait une étoile de David. Un autre a entendu un collègue déclarer que « les Juifs contrôlent les médias », tandis qu’un étudiant en médecine a été confronté à des remarques affirmant « le contrôle juif des hôpitaux ».
Statistiques clés :
- 67 % des répondants sont affiliés à l’Université McGill, où les incidents antisémites ont doublé depuis le 7 octobre.
- 45 % des médecins interrogés ont subi des incidents antisémites dans le milieu hospitalier depuis octobre, contre 34 % auparavant.
- 55 % des incidents signalés dans les milieux académiques sont considérés comme modérés à graves.
- 18 % des répondants envisagent de réduire leurs engagements académiques en raison de l’antisémitisme.
- 24 % des répondants envisagent de quitter le Québec pour fuir un environnement devenu hostile.
- 30 % des médecins rapportent des remarques antisémites hebdomadaires, voire plus fréquentes