Zen Bamboo présente un vidéoclip pour XOXOXO

Zen Bamboo présente un vidéoclip pour XOXOXO

Le quatuor se retrouve sur la prestigieuse longue liste du Prix de Musique Polaris 

Zen Bamboo présente aujourd’hui GLU. Le premier album complet du groupe voit le jour sous la bannière Simone Records. Déjà le quatuor attire l’attention, le plus récent extrait du groupe «Glu (coule sur moi)», nommé chanson SOCAN de la semaine à sa sortie est présentement en rotation sur sur le réseau ENERGIE

GLU est un album dense et dément. Julien Mineau (Malajube) y signe une production digne du docteur Victor Von Frankenstein, aux sections tantôt squelettiques de minimalisme, tantôt presqu’insupportablement surchargées, dans un jeu de textures d’extrême douceurs et de distorsions déchirantes. C’est un orchestre de guitares et de synthétiseurs, des arrangements gargantuesques à plusieurs couches derrière lesquelles on entend remuer des spectres et des monstres marins.

Chaque titre y déballe un univers singulier. «DIEU» avec son orgue renversé qui pulse comme un pouls et ses chœurs gospel désespérés. «J’<3 Vivre» avec ses envolées dramatiques noyées dans le phaser et le chorus qui rappellent à part égales My Chemical Romance et Lil Peep. «Montréal Tristesse», une balade folk classique arrangée en trip hop d’androïde au cœur brisé. «B**ne F**e» avec ses guitares électriques scintillantes et son backbeat tendance. «Glu (coule sur moi)» avec son noyau de basse et de drum post-punk, ses flows trap et son refrain presque screamo. Les dix titres sont toutefois ficelés en un tout étrangement cohérent, dont la courbe dramatique claire trahit à chaque palier le même désir enragé de déplacer des montagnes.

Zen Bamboo présente un vidéoclip pour XOXOXO

L’album est habité d’une poésie fraiche et maniaque, balançant sur un ton toujours un peu fendant un mélange d’images impressionnistes, d’histoires tordues et de tirades tirant vers le slogan et la prière. « Que faire de toute cette violence? Bénévolat ou vengeance? » demande Simon dans «Chimpanzé», une chanson éco-anxieuse citant Du plaisir de Don Juan, juste avant de proposer le néologisme «netflixé». C’est un album qui traite côte à côte de sexe non protégé et de l’angoisse de faire des enfants, de vies de moine et de toutes sortes d’abus, du 11 septembre et des amours de jeunesse, sur le ton naïf du sage illuminé en combustion rapide.   

GLU est un album-tempête, pour reconnecter en 39 minutes avec toute la viscosité pulsionnelle de ses entrailles. Dix chansons coup de poing pleines de salive, de larmes, de sang ou autres options de moins en moins savoureuses, chaque pièce faisant appel à la glu habitant nos corps pour déverser de la passion au grand jour, sur un ton d’affirmation. « Moi j’aime vivre et j’aime vivre encore », scande Zen Bamboo en chœur dans un jardin d’Éden peuplé de toutes sortes de monstres, de maladies, et de grenades dégoupillées. Et ensuite, un solo de guitare.

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