«The Wolf Man»

LE JEUNE PROJET MONTRÉALAIS S’AMÈNE, ENVOÛTANT, AVEC LE PREMIER AVANT-GOÛT D’UN EP À PARAÎTRE À L’ÉTÉ 2021 SUR L’ÉTIQUETTE SIMONE RECORDS.  

L’histoire s’amorce à peine. Après avoir suscité l’intérêt de la blogosphère avec les extraits «King» et «Ladys Friend» dans la seconde moitié de 2020, ALIAS annonce la suite tout en cultivant l’énigme. Amoureuse des contes d’épouvante et se dévoilant jusqu’à maintenant peu, la créature pilotée par le compositeur, guitariste et chanteur Emmanuel Alias s’intéresse de front à l’effroyable malédiction du loup garou. Et la chose se fait saisissante.

Une mise en images ingénieuse réalisée par Guillaume Gagnon Lortie vient ici sublimer le caractère cinématographique du nouvel extrait, lequel ressort encore davantage une fois le visuel accolé au sonore. Sous la pulsation du stroboscope, on assiste à la transformation du chanteur. Le regard virant à l’ouest, tandis que l’humanité quitte peu à peu le corps, on ressent le plaisir railleur s’immiscer dans la métamorphose. Vieux films d’horreur et neige immaculée en alternance ajoutent au glauque. Comme l’état limite entre l’homme et l’animal, «The Wolf Man» inspire le halo mystérieux d’une lune pleine autant que la mutation forcée, lugubre et sauvage. 
 

«While the moon is full and bright
You better run and hide»


Bien qu’une certaine parenté avec la langueur de Timber Timbre, l’éclectisme d’Alt-J ou encore avec le grinçant The Black Keys des premiers jours charme d’emblée et pique la curiosité, ce sont réellement le charisme et le souci des nuances dont fait preuve ALIASqui confirment le grand attrait. Le diable est dans les détails. À travers un brouillard multicouche composé de fuzz, d’oscillations déchaînées et de dissonances bien grasses, le chemin vers le psychédélique est tracé et on s’y avance; on a toujours aimé les ombres, de toute façon.  

ENFIN DES CONCERTS ! 


Voilà que la belle saison se pointe le nez et amène avec elle le retour des concerts (enfin!). ALIAS offrira un premier concert en sol Montréalais le 3 juin prochain au tout désigné bar l’ESCO. Il sera accompagné de ses fidèles acolytes; Baptiste Beltra (clavier, guitare), Vincent Bénézet (basse) et Simon Bilodeau (batterie). Une puissante formule à quatre qui propulse un psych rock planant marqué de revers à travers des hauts et bas d’intensité, chinant les genres en évoquant les canons pour mieux explorer autour. À l’aise autant en studio que sur scène, ALIAS trace une franche ligne entre le produit fini du premier et celui animé de la seconde, là où les compositions vibrent dans des états nouveaux, davantage bruts.  Il se passe quelque chose de plus, simplement – via l’imprévu, l’improvisation, l’ambiance : une performance habitée, à chaque fois aguerrie et vierge.

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