“SALUT, ÇA VA?”

LE PROJET DE BALADO INSPIRANT ET APAISANT D’ÉMILIE PERREAULT EN MARGE DE LA SÉRIE FAIRE OEUVRE UTILE

«J’aimerais ça que l’art devienne un objet quotidien. J’aimerais ça que ce soit quelque chose qu’on réussisse à banaliser pis de se dire : heille, ÇA, ça m’aide pour le vrai. Pas qu’on le sacralise, pis pas qu’on dise qu’on en a juste besoin dans les gros creux de vagues ou dans les grands malheurs. Que ça reste juste là comme le réflexe d’ouvrir le robinet pour avoir un verre d’eau» –  Extrait de «Salut, Marc Séguin, ça va

Alors que l’art devient un refuge pour plusieurs en cette période de confinement, l’animatrice Émilie Perreault a décidé de prendre contact avec des artistes et personnes du public qu’elle a rencontrés dans le cadre de la série Faire Oeuvre Utile. «Je me suis rendu compte qu’avec ce projet, j’ai accumulé un carnet de contacts de gens inspirants, sensibles et souvent très résilients. J’ai eu envie de prendre de prendre le téléphone pour discuter avec eux des réflexions qui les habite en ce moment.» Le ton est intime, propice à la confidence, sans tabou. On y parle de ce qui les apaise mais aussi de ce qui les fâche et de la place que prend l’art dans leur nouveau quotidien. «Nous sommes présentement tous dans un état de vulnérabilité et je pense que les artistes sont plus souvent confrontés à cet état parce que la création demande de flirter avec l’incertitude, le vertige et tout ça, souvent en isolement. De l’autre côté, j’avais envie de rappeler les protagonistes de Faire Oeuvre Utile qui ont déjà eu recours à l’art comme bouée de sauvetage pour découvrir comment les épreuves passées leur servaient pendant le confinement» explique l’animatrice.

Emilie Perreault a un radar pour les êtres exceptionnels. Les auditeurs du balado pourront ainsi renouer avec Suzanne Prince, la fille du camionneur Gilbert Prince décédé dans l’explosion de son camion citerne sur l’autoroute métropolitaine en août 2016. Dans la série documentaire, elle a raconté comment la pièce 887 de Robert Lepage a été salvatrice. Dans son épisode de «Salut, ça va?» elle parle ouvertement de la frustration de ne pas pouvoir vivre son deuil normalement «Il y a sûrement des gens qui sont aux soins intensifs dans leurs dernières heures et leur famille ne peut pas être là. Ça doit être extrêmement frustrant. C’est le genre de sentiment que tu peux traîner longtemps. Ces sentiments d’injustice et de frustration de ne pas pouvoir le vivre comme tu aurais besoin de le vivre. Je ne peux même pas m’imaginer l’anxiété et la tristesse de ces gens là. La colère en ce moment elle a le droit de se vivre à plusieurs niveaux puis il faut absolument qu’elle se vive.» Il y a aussi Nadia Lévesque, mère de deux enfants ayant des troubles du spectre de l’autisme qui réconforte tous les parents dépassés par les événements et Gabriel Bellomo, un survivant d’un lymphome de Burkitt qui partage ce qu’il a appris en étant en isolement complet dans une chambre d’hôpital pendant 4 mois.

Chose certaine, ces discussions ont toutes un point en commun. C’est le moment où jamais de constater à quel point l’art nous aide à vivre, à quel point il est essentiel comme le rappelle le chanteur Tire le Coyote: «Si on veut garder la tête hors de l’eau, préserver notre santé mentale, on le fait en pouvant lire davantage, en regardant des films, des séries et en écoutant plus de musique qu’à l’habitude. C’est peut-être le «positif» de tout ça. On va se rendre compte que l’art est réellement présent dans nos vies et qu’on en a besoin pour notre santé en général.» Ingrid Saint-Pierre abonde dans le même sens, tout en admettant qu’elle se sent paralysée par la peine en ce moment «J’ai pas la prétention de savoir comment aborder la pandémie. J’ai aucune idée. Je suis pas une scientifique. Ce que j’ai envie d’être, c’est le plus vrai possible et te dire: des fois je suis dépassée! Pis d’autres fois, je le prends comme un privilège ce qu’on est en train de vivre. Ça change pis c’est correct. Je ferai pas 12 000 chansons, j’ai même pas écrit une seule note de musique, j’ai pas écrit de texte, j’ai rien fait de tout ça. J’ai fait des bricolages. Pis des fois j’ai pleuré, des fois j’ai ri, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse? On peux-tu juste essayer d’être la meilleure version de nous-mêmes?»

Dix épisodes sont déjà disponibles sur l’application Balados et sur la page Facebook d’Émilie Perreault, avec entre autres Marie Laberge, Jean-François Pauzé des Cowboys Fringants, Simon Boulerice, Tina Struthers. Le logo de Faire Oeuvre Utile a été agrémenté de deux arc-en-ciels dessinés par le peintre Marc Séguin.

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