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OBI: Slave we

21 OCTOBRE 2020

OBI fait désormais son entrée sur la scène hip-hop et bouillonne d’histoires à raconter à travers sa plume et son flow. OBI est un migrant nigérian clandestin (qui a dû franchir les frontières entre le Maroc et l’Espagne dans des conditions très rudes) installé au squat du Collège Maurice Scève, un établissement désaffecté en attente de démolition dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. C’est là où il s’est posé en 2019, après des années d’errance sur le continent européen, et où il a fait la rencontre du musicien Cédric de La Chapelle qui l’a ensuite pris sous son aile. OBIs’apprête à sortir “Slave We”, un premier titre fracassant qui aborde la réalité des migrants africains avec qui il cohabite et quiintroduit la prémisse d’un premier album à voir le jour au printemps 2021 produit par le label français Horizon, en licence pour le Canada chez L-A be.

« Nous sommes des esclaves dans la ville, car nous ne sommes pas libres, nous ne possédons rien, pas même le droit de circuler. Les regards qu’on nous portent sont durs, nous sommes à la merci du destin Cependant nous gardons espoir et foi en une liberté possible. Nous prions beaucoup. Il y a tout ça dans “Slave We”. » – OBI

Son amour pour la musique et pour les mots prend d’abord forme au Nigeria, où il s’adonne à des battles de Hip-Hop dans les rues. La musique l’accompagnera ensuite tout au long de son parcours et devient salutaire.

Sans papier, depuis 10 ans, il vit en Europe de squat en squat, de pays en pays, au rythme des expulsions. Impossible de s’ancrer nulle part, il choisit la musique comme dernier territoire, et enregistre des titres sur un petit ordinateur dont il ne se sépare jamais. Il raconte son quotidien de migrant, les galères, la discrimination, et l’espoir qui subsiste, toujours.

D’une liberté et d’une modernité folle, Slave We mélange rap, electro, afro trap, soul. OBI, qui a appris comment se servir d’un logiciel d’enregistrement basique seul, a ensuite bénéficié de l’aide de Cédric de La Chapelle qui l’accompagne à l’enregistrement et à la réalisation de ses chansons. Ce premier extrait est mixé par Stan Neff (Christine & The Queens…), et masterisé par Chab (Daft Punk…).

Le vidéoclip pour Slave We est le reflet d’une réalité sans artifices, tout comme ses chansons. Réalisé avec un ami, de manière DIY, les images montrent OBI qui déambule au squat.« Pour le clip on a tout improvisé, rien n’est calculé tout est vrai. On voit des compagnons du squats à la fin du clip. C’est bien qu’on les voit aussi. On est invisible quand on vit dans un squat. Parfois ça fait du bien d’être vu. Ce squat du Collège Maurice Scève c’est chez moi, c’est là que j’ai écrit toute mes chansons, dont Slave We. Je suis content de vous le faire visiter, un peu, dans le clip. »

OBI – SLAVE WE (VIDÉOCLIP OFFICIEL)

Musique