C’est ça qui est ça, les punks les plus sellout de la province s’en viennent avec un album le 12 novembre: Gazoline III, réalisé par Gus van Go (Les Trois Accords, Sam Roberts, Robert Charlebois et +). Alors que le principe de plaisir regagne tranquillement le droit d’être dans les salles de spectacles, Gazoline prendra la route de la province pour y lancer son meilleur disque à vie (jusqu’au prochain, on s’entend), une déferlante d’hymnes d’aréna et de grooves olympiens, étonnement menés par des guitares sans distorsion aucune. Le disque se veut une épigramme sur la santé du défunt concept de band, du Rock avec un grand R, de l’industrie ou des médias : tout le monde y passe un peu. Même son propre public durant le refrain fédérateur mais insidieux du titre « Jessica ». 
 

Qu’est ce tu penses de cette chanson là
J’ai écris ta chanson préférée, Jessica
Je l’ai écrite en pensant à toi ou à une de tes amies
Jessica n’existe pas
C’est juste une tactique des artistes pop
Achète mon concert amène tes amies 
Donne-nous ton argent, Jessica


Résultat, un album presque concept, ou méta, c’est le mot, par un band qui toffe encore dans un monde qui n’a plus tant besoin de lui, prêt à tout pour savourer sa dernière chance. La pochette est un autre message clair : une photo sans visages, possiblement saccagée par un ex-fan qui en voulait de la « disto » , lui.  
Comment réinventer ce fameux rock, désormais renié par tous au profit de genre à 4 mots? En le tuant, le brassant, en choquant les vieux de la vieille : Gazoline ne se privera pas de piger à gauche à droite, du new ja­ck swing au « shoegaze », pour orchestrer son retour. C’est sérieux ou pas? Un peu assurément, mais pas tant. Résolument satirique dans la plupart de ses propos, Gazoline III reste un véritable défilé de refrains puissants et audacieux, sans temps morts, une promesse toujours tenue par le groupe depuis ses débuts en 2012.
Dès l’ouverture du premier extrait « 3 minutes 5 secondes », la table est mise : un ultimatum livré par le (véritable) gérant du label, le temps d’un message vocal. La cavalerie sera appelée pour épargner Gazoline, probablement au coût de son âme, vers une recherche du hit total. La formation comptera malgré tout parmi ses alliés le réalisateur Gus van Go ou même Simon Brouillard du groupe culte des 60s les Lutins dans le rôle de hype man. Le point culminant de cette « descente aux enfers », ou éveil créatif c’est selon, viendra avec « Jessica #2 », une suite presque grunge et tonitruante aux singles commerciaux du début de l’album, puis à « Les partys de l’industrie du disque », offrande post-punk voire emo des années 2000 sur l’angoisse d’un artiste presque populaire dans des milieux faussement bobos, marque une finale on ne peut plus éloignée des sons du début de Gazoline III.
Une sortie le 12 novembre chez Duprince. Lancement-spectacle avec mise en scène dePestacle et musiciens invités au National le 12 novembre, puis tournée du Québec.
 

En concert 

12 novembre – National, Montréal

19 novembre – CEM, Saguenay

25 novembre – La Petite Boite Noire, Sherbrooke

18 décembre – Le Minotaure, Gatineau

3 mars – L’Anti, Québec